L’armée Française se bat contre les rebelles, loin des des caméras de télévision et des journalistes.
vendredi 19 janvier 2007, par mathieu
Indépendant depuis 1960, le Tchad reste cependant militairement dépendant de la France, dont l’armée est souvent appellée à la rescousse pour contrer les rébellions et les coups d’états successifs. En février 1986, après cinq ans d’occupation du Tchad par les troupes libyennes, la France décide d’intervenir et déclenche l’opération "Epervier". Bien que la Libye ait depuis abandonné ses revendications territoriales, ce dispositif reste toujours en vigueur. C’est à N’Djamena qu’est installée la base française de Hadji Kossei qui joue souvent le rôle de plate-forme militaire régionale. Elle a notamment servit en 2004, au plus fort de la crise humanitaire au Darfour (Soudan), il avait alors été mis en place dans le cadre de l’opération "Dorca" un pont aérien entre N’Djamena et Abeché. Celui-ci a permis d’acheminer 510 tonnes d’aide d’urgence vers les camps de réfugiés situés dans l’Est du Tchad. Depuis, un détachement français assure la protection des 200 000 réfugiés regroupés le long de la frontière soudanaise.
Ainsi, loin des caméras, chaque jours ou presque, six Mirages F1 de combat tactiques français basé à Hadji Kossei, appuyés par deux avions ravitailleurs pilonent les forces rebelles au Président Tchadien Idriss Déby, ami de Jacques Chirac. Ce sont d’ailleurs les troupes françaises qui ont permis, en février 2006 le retour du Président dans son pays, exilé à l’étranger alors que les rebelles étaient sur le point de renverser le régime. Début avril 2006, des aides humanitaires témoignaient de livraisons d’armes par des avions français au régime afin de lutter contre des attaques rebelles.
Mais la ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie se garde bien d’en parler et il est hors de question d’ouvrir un débat parlementaire au sujet de cette intervention militaire en faveur du président africain arrivé au pouvoir en 1990 après avoir renversé son compagnon d’armes Hissène Habré, alors au pouvoir. Il a ensuite été élu en 1996, puis en 2001. En mai 2004, les députés Tchadiens ont adopté, à l’initiative du Président, une modification constitutionnelle qui lève la limitation des mandats présidentiels, auparavant fixée à deux. c’est ainsi qu’il a été réélu pour la troisième fois en 2006, avec plus de 77% des suffrages !
C’est donc sans aucun accord de défense que la France engage son armée auprès du dictateur Tchadien ; Mirages de l’armée de l’Air, donc, qui détruisent les véhicules et batteries de la rébellion peut-être fournis par la Lybie et le Soudan, mais également des Transall, chargés si besoin de transporter les troupes du Président Déby au plus près des combats. Mais qu’on ne s’y trompe pas, Jacques Chirac n’est pas le premier Président français à intervenir au tchad, tous ses prédecesseurs de la Vème République ont fait de même, De Gaulle, Pompidou, VGE et Mitterrand.