Depuis plusieurs mois, le constructeur europĂ©en AIRBUS doit faire face Ă l’une des crises la plus importante de son histoire.
mercredi 28 février 2007, par mathieu
La faute notamment au gros bĂ©bĂ©, l’A380, qui empĂŞche tout le monde de dormir, accumulant les retards en raison des diffĂ©rents problèmes rencontrĂ©s sur les premiers appareils. Mais plus que la conception des avions, c’est l’organisation gĂ©nĂ©rale d’AIRBUS qui plombe sa compĂ©titivitĂ©. Visiblement, le choix de dissĂ©miner aux quatre coins de l’Europe les Ă©lĂ©ments d’un seul appareil n’a peut-ĂŞtre pas Ă©tĂ© le bon. Alors qu’il y a quelques annĂ©es, cette formidable logistique mise en place pour acheminer chaque morceau vers Toulouse Ă©tait la fièretĂ© du constructeur, elle s’est peut Ă peut rĂ©vĂ©lĂ©e contre-productive, notamment en raison du fait que les diffĂ©rents pays n’utilisent pas les mĂŞmes outils d’ingĂ©nieurie et que la coordination entre les Ă©quipes n’est pas bonne.
Pour remĂ©dier au problème, Christian Srteiff a eu le temps, lors de son passage Ă©clair, de dĂ©voiler de plan de restructuration de l’avionneur baptisĂ© Power 8 ayant pour but de rationnaliser les mĂ©thodes de production des appareils AIRBUS afin de les rendre Ă nouveau compĂ©titifs tant au niveau du prix des avions que des dĂ©lais de livraison. Ce plan, repris par Louis Gallois, prĂ©voit donc de rassembler la construction d’un type d’appareil sur un minimum de sites dans la mesure du possible, et de sous-traiter la fabrication des diffĂ©rents composants afin que les usines de l’avionneur puissent surtout se concentrer sur l’assemblage final. CelĂ implique donc des fermetures d’usines, et un partage des avions entre la France et l’Allemagne, les principaux acteurs (l’Angleterre s’Ă©tant retirĂ© du capital d’AIRBUS et l’Espagne n’ayant qu’un rĂ´le mineur). D’oĂą d’importantes tensions ces derniers temps entres les deux pays.
Après nĂ©gociations, l’Allemagne et la France ont donc fini par s’entendre sur la rĂ©partition des efforts Ă fournir entre les deux pays. Le Conseil d’administration d’EADS, dont les actionnaires français et allemands dĂ©tiennent respectivement 22,5% du capital, a ainsi donnĂ© "Ă l’unanimitĂ©" son feu vert au plan de restructuration de sa filiale, qui devrait prĂ©voire - outre la fermeture ou la cession de plusieurs usines - que la France garde l’assemblage final de l’A380, ainsi qu’une bonne partie de la construction du futur A350, dont le fuselage sera lui, produit en Allemagne. L’Allemagne qui devrait rĂ©cupĂ©rer quant Ă elle la construction intĂ©grale du moyen-courrier A320 et de son successeur.
Le plan de restructuration, mĂŞme s’il entraĂ®ne des plans sociaux, est donc une rĂ©elle opportunitĂ© pour AIRBUS, de rationnaliser une bonne fois son organisation et de revenir Ă la première place des avionneurs mondiaux, place qui lui a Ă©tĂ© prise cette annĂ©e par BOEING. L’amĂ©ricain qui lui aussi avait dĂ» se restructurer et fermer des usines au dĂ©but de cette dĂ©cĂ©nie. Il est donc important qu’AIRBUS se redresse, car il reste tout de mĂŞme un gros employeur qui fait vivre l’Ă©conomie de plusieurs rĂ©gions, et que malgrĂ© les tensions ponctuelles et les rapports de forces, c’est un des symboles de la bonne entente Franco-Allemande, ce qui n’est pas rien...
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